Cerisiers à la cabane de Déjean, à Coqs, à Reygnac et à Couet

(cliquer sur une photo pour l'agrandir)  clichés : Jacques Gaye

Les cerisiers à Escoussans

"Des centaines de cerisiers, plus d'un millier peut-être, se dressaient sur les parcelles de la commune dans cette association vigne-cerisier répandue en France, des arbres majestueux et puissament charpentés, largement centenaires (plantés au XVIIème siècle ou avant).

De nombreuses variétés assuraient une production échelonnée de fin mai à mi-juillet : Saint-Fort, Saint-Clair, Cardan, Olive, Bigarreau, Napoléon, Floque, Nappe, Guin, Carrée, Coeur de Pigeon, ... 

Peut-on imaginer aujourd'hui ces grands arbres cernés d'échelles plus ou moins hautes (jusqu'à 8 mètres), et ces gens affairés de la "pointe" du jour jusqu'à la nuit, le tablier de cueillette pendu au cou, le "gayot" (*) en châtaignier à portée, pour ramener à soi les branches éloignées, remplissant leurs panières en osier, les "banastes" ou "banastres", qu'il fallait périodiquement stocker au frais dans le chai ou dans la maison ?

(*) Gayot : branche (1 m à 1,50 m) avec rejet d'un bout (10 à 15 cm) à tenir par l'autre bout pour rapprocher les branches d'arbre fruitier.

Bien que les affirmations diffèrent, on peut estimer qu'un ramasseur cueillait en moyenne 50 à 100 kg de cerises par jour. Louis Laporte se rappelle même avoir atteint 118 kg dans une journée sur un cerisier de "carrées".

Sur une grande échelle il y avait parfois trois ramasseurs. Les grands-mères et les enfants cueillaient les cerises du bas, triaient les fruits en ôtant feuilles et débris de bois, préparaient la vente en remplissant avec soin et habilité les "banastes".

Il arrivait parfois que malgré les précautions prises, discussions ou chants soient brutalement interrompus par l'atterrissage de quelque téméraire haut perché, sans qu'il en résulte de bobos majeurs comme pour Elise Mercier tombée dans un tas de ronces, en bordure d'un fossé, près de la cabane de Déjean ; pour Jean Désèmerie qui chuta à quelques centimètres de son fils, le petit Pierre (à l'époque les parents faisaient suivre leur bébé sur le lieu de travail) ; pour Eloi Despujols, victime de quelques côtes cassées sur le champ de Coqs ; pour Lucien Chauvin qui n'arrêtait pas de dégringoler de branche en branche et en perdit (provisoirement) ses esprits. Malheureusement, plus grave fut l'accident qui coûta à Jean Dumas, dit "Le Prince", le port définitif d'une minerve en cuir et d'un corset en fer.

Mais il est vrai que quels que soient les aléas ou les conditions climatiques, il était primordial de sauvegarder une source précieuse de revenus. Avec des récoltes très irrégulières, le vin ne pouvait assurer à lui seul la subsistance familiale. Aussi, les paysans cherchaient-ils à écouler sur les marchés leurs légumes (comme les petits pois) et leurs fruits (pêches, raisins de table : Chasselas, Muscat). Ils vendaient volailles, oeufs, lapins et ... peaux de lapins. Certaient avaient une vache pour commercialiser lait et veaux. Les boeufs mêmes, utilisés pour le travail de l'exploitation, étaient achetés jeunes, "engraissés" et revendus avec profit. Mais il est certain qu'avec la vente des cerises, beaucoup de foyers couvraient leurs dépenses annuelles courantes et même exceptionnelles. Ainsi, disait-on, Amédée Garineau avait acheté par ce moyen une voiture ...

A l'époque, l'abondance de la production rendait négligeables les dégâts provoqués par les oiseaux. Les producteurs déploraient surtout les dommages causés par la pluie et la mouche de la cerise. Après la guerre de 39-45, Pierre Vimeney, qui commercialisait des produits de traitement de la vigne, installa spécialement une sulfateuse sur son chariot à cheval et entrepit au printemps une lutte préventive contre les insectes.

Les plus gros producteurs de cerises étaient les Vimeney, Garineau, Dumas, Bassèlerie, Dubourg, Désèmerie, Millet, Delmas, Chauvin, Menguin, Tainguy, ... Certains ramassaient en famille ; d'autres faisaient appel aux habitants disponibles ou à des ramasseurs professionnels qui conservaient la moitié du produit de leur labeur. Il était donc légitime que chacun cherche à écouler ses fruits aux meilleures conditions possibles de fraîcheur, d'acheminement et bien sûr de prix. Livrer à l'important marché de Cadillac en voiture à cheval s'imposait donc mais cela se révélait très contraignant et source de temps perdu. De plus les marchands y faisaient la loi et les Escoussanais s'en plaignaient beaucoup. Ainsi germa l'idée de rapprocher les lieux de production et de vente et de constituer une force collective de valorisation de la marchandise comme de défense de son prix."

Extrait de l'article de Christian Descorps dans le livre "A la découverte de l'Entre-Deux-Mers ESCOUSSANS" (A.S.P.E.C.T., 2002)

 

Pêche de vigne, Rose de Benauge, Cerises

(cliquer sur une photo pour l'agrandir)  clichés : Jacques Gaye

Le marché aux cerises d'Escoussans

"Le 26 mars 1936, le Conseil Municipal d'Escoussans réuni en séance extraordinaire, était saisi d'une proposition du maire, Monsieur Ribouteau : "Considérant que la création d'un marché aux fruits présente un caractère d'utilité incontestable, la commune d'Escoussans se trouvant au centre de grande production fruitière, surtout de cerises ; considérant que les communes les plus rapprochées où se tiennent ces marchés sont Targon et Cadillac situées à 7 km d'Escoussans ; délibère par ces motifs qu'il y a lieu d'établir dans la commune un marché aux fruits qui aura lieu tous les jours à 9 h 00 à partir du 1er juin."

Eloi Despujols devint le placier chargé de percevoir de modestes droits d'accès. Il s'occupait également de la pesée officielle, sur la bascule de la commune, des "banastes" pleines, puis vides pour dégager le poids net des fruits justifié par un ticket. Ainsi furent écartés suspicions et litiges. Après la pesée brute, les marchands étaient autorisés à entrer. Eloi agitait sa clochette et vers 9 h 00 les achats commençaient, pour se terminer avant la récréation des enfants de l'école. Cette ouverture, un peu tardive, permettait à certains d'apporter les produits cueillis le jour même depuis 3 h 00 du matin.

Les marchands alignaient leurs "mussys" (sorte de cageot ovale d'une dizaine de kilos avec couvercle) qu'ils remplissaient au fur et à mesure de leurs achats.

Aux récoltants d'Escoussans venaient se joindre ceux de Ladaux, commune à très forte production, d'Arbis et des communes voisines. Vingt à trente ramasseurs proposaient chaque matin du 1er juin au 1er juillet, 2 à 3 tonnes de cerises, le plus souvent d'excellente qualité, présentées parfois avec un soin raffiné. Aucune queue n'était visible ; les corbeilles faisaient chapeau avec, on le devine, les plus jolis fruits au sommet. Ces lots étaient les plus recherchés et partaient en premier au meilleur prix.

Certes, les acheteurs "marchandaient" avec force verbe, mais en définitive tout se vendait ou devait se brader en fin de marché. Monsieur Tizon cependant résistait souvent et préférait représenter ses fruits le lendemain.

Il y avait une dizaine de commerçants venant de plus ou moins loin et on se souvient de Mayereau, Bréchant, Rocher, Rabeau de Cadillac, d'Allès de Gornac, d'Olivier de Saint-André-du-Bois, de Rambillet de Saint-Pierre-d'Aurillac, d'Archimbaud de Quinsac, de Larrieu, d'Itey, de la Marie Barbessale (la mère du boucher Castaing de Cadillac) au langage très imagé et d'autres "recardeyres" (*) qui ne manquaient pas de "caquet".

(*) Au marché des Capucins, à Bordeaux, c'était autrefois une femme à la répartie facile et au langage trivial.

Durant le mois de juin, le bourg d'Escoussans connaissait en cette période une agitation frénétique et on pouvait affirmer qu'il "marchait" bien ce marché ! Pourtant, en 1939, à l'approche du conflit mondial, cette manifestation a connu un net déclin, les marchands se faisant plus rares. Pendant la guerre, Bernard Chauvin se souvient cependant d'avoir apporté des cerises et d'avoir récupéré en échange du poisson proposé par un des camionneurs.

Le 26 mai 1945, le Conseil Municipal a de nouveau fixé l'ouverture du marché aux cerises au 1er juin 1945 et désigné M. Mau comme peseur communal.

Lorsqu'il n'y eut plus de marché, les acheteurs ambulants se sont rendus sur place et les transactions se passaient au domicile des ramasseurs ou au pied des arbres.

Cinq ou six marchands passaient chaque après-midi, concluaient (et laissaient leurs cageots à remplir) ou faisaient des propositions, sans que les récoltants ne s'engagent. Ils repassaient alors en fin de journée, en espérant qu'un confrère n'avait pas "raflé" le lot. Il y avait encore les Rabeau, Allès, Bréchand et d'autres comme Roland Désèmerie de Cadillac.

Les marchandages étaient donc toujours de mise mais la diminution progressive de la production rééquilibrait le rapport de force. L'automobile permettait même à certains d'écouler leur marchandise directement à Bordeaux au marché des Capucins, puis à Brienne."

Article de Christian Descorps dans le livre "A la découverte de l'Entre-Deux-Mers ESCOUSSANS" (A.S.P.E.C.T., 2002) 

Marché aux cerises dans le bourg d'Escoussans, en 1936

(au "Canton" et dans la cour de l'école)

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Fête de la Cerise 2009

(cliquer sur une photo pour l'agrandir) clichés : Jacques Gaye

Fête de la Cerise 2010

(cliquer sur une photo pour l'agrandir) Clichés : Anne Carrier et Jacques Gaye

5ème Fête de la Cerise à Escoussans (dimanche 10 juin 2012)

Clichés de Séverine Garrier et Jacques Gaye

6ème Fête de la Cerise à Escoussans (dimanche 9 juin 2013)

 

A cause des mauvaises conditions météorologiques du printemps 2013, très peu de cerises en vente à la Fête de la Cerise d'Escoussans. Sur les clichés, nous pouvons voir un producteur du Lot-et-Garonne (*) qui avait apporté seulement quatre plateaux de bigarreaux. (*) producteur que vous pouvez retrouver au marché de Cadillac

La Mairie

Coordonnées

Mairie d'Escoussans

258 le bourg

33670 ESCOUSSANS

Tél : 05 56 23 47 41

Fax: 05 56 23 42 53

mairie.escoussans@wanadoo.fr

Horaires

Mardi : 9h - 17h30

Jeudi : 9h - 17h30

Permanence

du maire ou d'un adjoint

le jeudi de 15 h à 18 h

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Contrôle sanitaire des eaux 

Controle sanitaire des eaux destinées à
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